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Pour en finir avec la fin du travail
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À loccasion des journées de rencontres relatives aux 20 ans INTERMIFE* et de lintervention de A.-M. GROZELIER, sociologue, voici livrés quelques éléments de réflexion qui dans nos pratiques quotidiennes nous amènent à porter un regard différent sur le monde. (*Chambéry, juillet 2002) |
Jeremy Rifkin, économiste américain, prophétisait la fin du travail. Selon lui, notre entrée dans lâge informatique constitue une révolution majeure puisque le travail productif, sous la forme dans laquelle il se décline aujourdhui, va progressivement disparaître. Cette hypothèse, toujours plus chargée de sens soulève de nombreuses interrogations. Anne-Marie Grozelier, sociologue, auteur de louvrage pour en finir avec la fin du travail souhaite nous démontrer le contraire. En effet, la disparition progressive des travailleurs faiblement qualifiés (cols bleus, employés
) nest pas à lordre du jour. Ils représentent une part non négligeable de la population salariée (environ 2/3 de la population active occupée). De plus, on assiste à un accroissement des emplois faiblement qualifiés au sein des entreprises industrielles à dimension réduite : travail atypique, intermittents, saisonniers
La flexibilité du travail, progressivement, simpose. Elle prend des formes multiples, par exemple le CDI, qui pendant longtemps fût considéré comme la norme en matière de réglementation du travail, sest progressivement substitué par le CDD ; situation qui génère des phénomènes dexclusion, de précarité et accentue, de ce fait, la dualité au sein du marché du travail. Dans le même esprit et afin de satisfaire à des objectifs de compétitivité, la flexibilité quantitative externe, à savoir lexternalisation de tout ou partie de lactivité productive des entreprises par le recours à la sous-traitance bouleverse en profondeur le paysage économique actuel.
Ensuite, lémergence des technologies de linformation et de la communication génère un phénomène dexclusion au sein de nombreux corps de métiers. La réticence à légard de lutilisation de loutil informatique par exemple, stigmatise une partie des forces productives dune nation (obsolescence de loutil de production, perte de compétitivité, etc).
Également, la standardisation des activités, en particulier dans le secteur tertiaire (exemples : rationalisation des méthodes de travail chez Mac Donald, développement du marketing téléphonique
) témoigne dune prégnance toujours aussi forte du taylorisme.
Enfin, alors que lon souligne limportance de léducation tout au long de la vie afin daccroître lemployabilité de chaque individu, celle-ci demeure principalement orientée vers les emplois hautement qualifiés. Cela sexplique par un retour sur investissement (appropriation et utilisation des savoirs enseignés) supérieur par rapport aux formations à destination des personnes faiblement qualifiées.
Le tableau pessimiste dressé ci-dessus nous amène à nous interroger sur la place des individus au sein du marché du travail. À lheure de la mondialisation des économies qui constitue désormais laxe de réflexion majeur en matière de politique économique, il convient de développer une réflexion qui replace lindividu au centre du débat démocratique. Locculter reviendrait à " vider les entreprises de leur sang " et, de ce fait, ignorer la mission première dévolue à chaque citoyen (pris dans une acception large : dirigeants politiques, dentreprises, salariés) à savoir, être au service de la collectivité afin duvrer pour le bien être de tous.
Benoît Rossetti, MIFE.
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