La précarité
une réalité qui se vit au pluriel
Dans le cadre de lObservation des Situations de Travail, lODEF sest penché sur la problématique de lemploi non qualifié dans le Territoire de Belfort. Une question de taille sest alors posée : quel lien existe-t-il entre lemploi non qualifié (ENQ) et la précarité ? En dépit des éléments qui caractérisent généralement lENQ (bas salaires, temps partiel ou nature des contrats) il est un a priori quil faut se garder de transgresser : lENQ ne conduit pas forcément à des situations de précarité. Des entretiens qualitatifs ont été conduis auprès de salariés occupant un emploi non qualifié dans les secteurs industriel et tertiaire afin de mieux cerner cette réalité.
Précarité et contrats de travail. Un premier résultat vient bousculer un a priori de taille : sur lensemble des répondants, tous occupent un emploi à durée indéterminée ! Or, de façon assez spontanée, la précarité dans le travail est forcément associée aux contrats de travail de type CDD ou intérim. Visiblement, dans les faits ce lien nest pas aussi évident que ça Expliquer la précarité uniquement par la nature du contrat de travail (CDD, intérim) est un chemin trop court, trop rapide tant le phénomène de la précarité est complexe. Ce constat pose aussi et surtout la valeur du CDI : si le CDI permet de réduire certaines incertitudes (vis-à-vis de la durée de lemploi, des possibilités demprunt, etc.) que dire en effet de cette femme, assistante de vie, qui a un CDI de 12 heures ? Cela a-t-il réellement un sens ?
Des salaires trop bas. En revanche, tous secteurs dactivités confondus, les rémunérations restent la préoccupation majeure des salariés. Dans lensemble, les salaires varient de 700 à 975 euros par mois. La précarité liée au bas salaire est évidente : en particulier, il semble que la principale conséquence soit malheureusement une gestion de la vie courante au jour le jour. Bien entendu, il faut mettre en relation les salaires et les temps de travail : la majorité des salariés à temps partiel souhaiteraient augmenter leur temps de travail afin de gagner plus.
Labsence de mobilité professionnelle. Labsence de perspectives dévolution au sein de lentreprise génère des sentiments de mécontentement très forts et constitue une réelle source de précarité. La question de la mobilité professionnelle chez ces salariés est effectivement particulièrement préoccupante dès lors quil sagit très fréquemment dune mobilité horizontale (le même emploi dans une autre entreprise) et non verticale (un autre emploi dans la même entreprise). Elle pose également les questions de la reconnaissance et de linvestissement dans son travail.
Les conditions de travail, facteur aggravant. Quil sagisse du travail de nuit dans lindustrie ou du travail du week-end et jour férié dans le tertiaire : les horaires de travail sont également mis en avant par les répondants. En particulier, les assistantes de vie sont largement concernées dès lors que la personne âgée a besoin continuellement des services quelles rendent. De façon similaire, les employés de la grande distribution sont confrontés aux horaires douverture tardive et, de plus en plus, par le travail les jours fériés. Le stress que génèrent ces conditions de travail devient dès lors une source de précarité non négligeable.
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Vous pourrez lire lintégralité des résultats de cette analyse dans le Profils n°2, à paraître très prochainement.
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