Poursuivre le mouvement qui replace l’Homme au cœur de notre société, c’est en tout cas ce que le déséquilibre actuel du poids de l’économique " revolving " nous impose. Initiée jusqu’à présent, l’application d’une forme de démarche qualité pour les structures de type service public parle " d’usagers au centre des dispositifs ". Il s’agit pour nous de poursuivre ce concept en interrogeant finement le rôle de l’individu et la nature du dispositif offert.

Ainsi, si les processus de décentralisation favorisent l’émergence d’une prise en compte quasi individuelle des problématiques liées à la vie professionnelle, reste posée la question de la politique globale d’organisation des dispositifs. Plus précisément, si les dispositifs de formation, d’accompagnement et de développement territoriaux sauront répondre aux réalités locales, qu’en sera-t-il d’une garantie de non-exclusion de tel ou tel individu à l’échelle de son territoire ? Si la cohésion ne s’élabore plus au plan national, quelles orientations européennes verrons-nous appliquer à nos territoires ?

La MIFE est au croisement de ces deux processus. Nous pourrions dire qu’aujourd’hui nous sommes acteurs sur le plan territorial par nos missions d’observation, d’animation des dispositifs d’insertion, d’expérimentation et d’accompagnement des publics. Nous sommes également acteurs, en lien étroit avec nos collectivités, dans notre manière de mettre en œuvre des orientations de politiques européennes visant à l’égalité professionnelle, la lutte contre les exclusions, l’amélioration des conditions de travail, la reconnaissance des acquis, la formation tout au long de la vie,…

C’est un vaste chantier qui s’offre à nous, avec toutes les questions que nous posons sur l’influence des réalités et difficultés repérées dans les territoires et particulièrement les espaces offerts aux habitants pour pouvoir exercer un rôle de type associé : associé à la mise en œuvre, au fonctionnement et au développement des dispositifs. Il n’est donc plus véritable de parler d’usager au centre mais plutôt de disposer d’une fonction d’associé ou de participatif du service public.

Un sujet qui est lié nous préoccupe particulièrement, c’est la notion d’équité entre les territoires. Une première expérience que nous pilotons dans le cadre du réseau européen des Cités des métiers nous démontre que c’est peut-être cette architecture en réseaux transnationaux qui peut pousser d’autres territoires à réagir en offrant cette place aux usagers. C’est ainsi que peut-être, par des individus associés à des dispositifs qui sauront agir en réseau, se dessine notre action au cœur de l’Europe.

Bertrand Creusy
directeur


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