Dans le Territoire de Belfort, la plupart des structures dinsertion se sont créées avant 1994, date de signature de la convention sur la mise en place du PLIE. De ce fait, ces structures sont des acteurs impliqués mais qui fonctionnent un peu trop indépendamment du PLIE. Les responsables de structures perçoivent en effet le PLIE plus comme un cadre institutionnel par le biais duquel ils obtiennent des financements que comme un dispositif nouveau de coordination et de renforcement de ce qui existe déjà. Ainsi, jusquà présent dans le Territoire de Belfort, il ny a pas véritablement une unité opérationnelle pour animer le PLIE mais plus une gestion administrative et financière effectuée par une équipe technique.
Or, avec un budget global de 25 MF en 1998, le PLIE du Territoire de Belfort est à inscrire parmi les plus gros PLIE de France. Loin dêtre anarchique, le monde de linsertion belfortain manque néanmoins dune structuration qui permette dune part didentifier les structures existantes ainsi que le champs de leurs interventions (qui fait quoi ?) et, dautre part, de distinguer les structures sur le plan des outils mis à disposition des publics en difficultés.
Dans ces conditions, lélaboration des projets professionnels, si chers à lidée de parcours individualisé, peut-elle se faire de manière pertinente dès lors que sont quasi inexistantes lidentification et lorganisation des outils disponibles dans le dispositif dinsertion ? Peut-on construire des parcours dinsertion qui soient individuels si lon na pas une image fidèle et une connaissance précise des outils à mettre en face des besoins exprimés ?
Cette étude sinscrit justement dans la volonté du PLIE, qui a recruté un animateur-coordonateur le 1er janvier 1999, daller au delà de son rôle de gestion administrative et financière vers celui danimation, de coordination et de développement de toutes ces actions en faveur de linsertion des personnes en difficulté vers un emploi durable. Il sagit de rationaliser une démarche globale sur linsertion des publics exclus durablement de lemploi, et de mieux mobiliser toutes les ressources et tous les financements possibles.
Dans ce contexte, létude sest organisée autour de deux axes directeurs :
- faire un état des lieux/diagnostic du dispositif dinsertion par lactivité économique tel quil est mis en uvre dans le Territoire de Belfort (un annuaire de linsertion a été constitué, il présente les structures dinsertion, les publics à qui elles sadressent ainsi que les mesures proposées),
- organiser les parcours dinsertion en donnant de la logique à lensemble des actions, des outils présents et dispensés par les structures dinsertion par lactivité économique du Territoire de Belfort.
| Le PLIE sadresse à tous les demandeurs demploi qui, cumulant plusieurs handicaps sociaux, ont de grandes difficultés à réintégrer (ou intégrer) le monde du travail. Les données statistiques recueillies par le PLIE du Territoire de Belfort (bilan 1998) font état de 2 990 personnes qui auraient bénéficié des actions menées par les structures partenaires du PLIE du Territoire de Belfort mais aussi du PDI (Plan Départemental dInsertion). Ce chiffre prend aussi en compte les actions mises en uvre par le Conseil Général du Territoire de Belfort et la Ville de Belfort par le biais du CCAS (Centre Communal dAction Sociale). |
Toutefois, les données disponibles empêchent, en létat actuel, tout traitement statistique permettant de décrire précisément le public accueilli par les structures partenaires du PLIE du Territoire de Belfort. Létat des lieux a permis de répertorier lensemble des structures intervenant dans le dispositif dinsertion par lactivité économique du Territoire de Belfort. Les structures se différencient selon le type de publics accueillis, le secteur dactivité et par les différentes mesures proposées (voir lannuaire de linsertion1). Le dispositif dinsertion tel quil est mis en uvre dans le Territoire de Belfort, présente des points forts mais aussi des faiblesses au niveau de lorganisation des parcours dinsertion.
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| Certaines forces,
Des moyens importants sont mis en uvre Le dispositif dinsertion du Territoire de Belfort met en uvre des moyens importants : lensemble des 14 structures dinsertion par lactivité économique (chantiers, régies de quartier, associations intermédiaires, , ETTI) permettent de répondre aux difficultés dun large public en proposant toute une gamme de mesures allant du CES au CDI en passant par les CDD, les contrats dalternance, les stages et les formations.
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De plus, ces structures sont présentes dans plusieurs secteurs dactivités en particulier dans les services, le BTP, les espaces verts, la restauration et le textile. Elles proposent alors tout un panel de métiers même si une diversification plus large serait souhaitable. |
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| Des structures qui travaillent en partenariat Les structures dinsertion travaillent en partenariat même si ce dernier nest pas formalisé et gagnerait à lêtre. Il peut sagir dun partenariat entre les structures daccueil, dinformation, dorientation et de suivi avec les structures dinsertion. On peut citer lexemple de la MDEJ et du service chantier de lADIJ, du CPSP et de lentreprise Sapin, etc., où le partenariat se traduit par un accompagnement double pendant le parcours du bénéficiaire au sein de la structure daccueil.
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Des relations partenariales existent aussi entre les structures dinsertion et les travailleurs sociaux. Cela se traduit par des contacts en terme de complément dinformations, de compétences. Mais il sagit dans la plupart des cas de contacts informels, principalement téléphoniques. Même si ce partenariat nest pas formalisé, le développement de ces différentes synergies est un élément important : il constitue un préalable à un fonctionnement en réseau.
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| Des initiatives en terme de suivi de parcours Même sil nest pas assez développé dans le cadre du dispositif dinsertion lui-même, certaines structures assurent le suivi du parcours du bénéficiaire. A ce titre, linitiative du CRI (Centre de Ressources Insertion), association composée de trois structures (Le Carré Vert, la Soprores et la Régie de quartier des Résidences) est un bon exemple. En effet, le CRI a la charge de laccueil, de lorientation et surtout du suivi de tous les publics accueillis au sein de ces trois structures. |
Les structures daccueil, dorientation et de suivi comme la MDEJ, le BAIE et le CPSP jouent aussi ce rôle de suivi des parcours dinsertion. Cest notamment le cas avec le programme TRACE mis en uvre par la MDEJ et qui consiste à suivre des jeunes, pendant 18 mois maximum, pour les accompagner vers lemploi. Sil existe effectivement certains cas de suivi de parcours dinsertion avec une personne qui suit le bénéficiaire du début jusquà la fin, ces initiatives se développent de façon trop restreinte, non formalisée et non systématique. Surtout, elles sont organisées sur une petite échelle (niveau micro).
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, qui noccultent pas les faiblesses du PLIE. Un manque de structures dinsertion, Lanalyse de létat des lieux a montré quil existe un manque de structures dinsertion : il sagit notamment de chantiers dinsertion pour adultes (les hommes et les femmes). Labsence de chantier dinsertion pour adultes constitue un dysfonctionnement important en terme de parcours dinsertion. En effet, ces structures accueillent les personnes les plus en difficulté, en situation dexclusion sociale et professionnelle dans le cadre dactivités telles que la restauration du patrimoine collectif.
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A lheure actuelle, seuls les jeunes de moins de 26 ans peuvent bénéficier de telles structures. Or, nombreuses sont les personnes de plus de 26 ans qui auraient besoin de commencer par ce type de structure. Ainsi, en létat actuel du dispositif dinsertion, en dehors des Régies de quartier, ces publics ne peuvent être orientés que vers les associations intermédiaires voire les entreprises dinsertion qui font certes de laccompagnement social mais pas au même niveau que les chantiers dinsertion. En effet, ce type de structures ne peuvent pas se permettre de jouer pleinement ce rôle étant donné quelles ont des contraintes de production dans des secteurs dactivité bien définis. |
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et de structures daccueil, dinformation, dorientation et de suivi Par ailleurs, létat des lieux a aussi montré un manque de structures daccueil, dorientation et de suivi pour un public dhommes, de plus de 26 ans, qui ne relève pas du dispositif du RMI, non issu du quartier des Résidences et non inscrits à lANPE. Labsence de structures de ce type pose un véritable problème pour lorganisation de parcours dinsertion cohérents. En effet, ces publics sadresseront directement aux structures dinsertion qui nont pas toujours la réponse à leurs questions. Ces dernières peuvent les orienter vers dautres structures sans avoir connaissance des pré-requis. Cela peut être alors à lorigine de " va et vient " incessants de lindividu, pouvant conduire au découragement. |
Un suivi des parcours peu développé en général En létat actuel, le suivi des parcours se fait essentiellement à lintérieur des structures. Soit à la sortie de la structure, le bénéficiaire a trouvé un emploi et donc le parcours est terminé, soit la structure ne peut pas (ou plus) satisfaire ce dernier et elle lenvoie vers une autre structure partenaire (et dans ce cas, il ny a plus de trace du bénéficiaire). Ainsi, en dehors des quelques initiatives internes, il ny a pas de suivi des parcours qui soit généralisé et systématique dans la mesure où les structures ne savent pas dans la majorité des cas ce que deviennent les bénéficiaires à la sortie de leurs structures, ni même de quelles structures ils viennent. En ce sens, chaque structure constitue en elle-même un parcours et non une (ou plusieurs) étape dans un parcours. Dans ces conditions, lorganisation de parcours pertinent est difficile dans la mesure où lentrée dun bénéficiaire dans une structure ne relève pas forcément dune continuité dans son parcours mais peut correspondre à un nouveau (énième ?) point de départ.
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| Absence de prescripteurs bien identifiés Un autre dysfonctionnement repéré à travers létat des lieux porte sur labsence de prescripteurs bien identifiés. En effet, les structures dinsertion reçoivent du public des organismes comme la MDEJ, le CPSP, le CIDF-BAIE mais ce nest pas systématique et formalisé. Il est pratiquement impossible de parler de suivi et même de parcours dinsertion avec une telle organisation : les structures sont elles même auto-prescriptrices dans le sens où elles peuvent toutes être lobjet dentrée dans le parcours. Il serait donc souhaitable de pouvoir identifier clairement " un organe " qui soit au centre de tout ce dispositif pour coordonner et suivre les bénéficiaires du début à la fin de leurs parcours dinsertion.
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Un positionnement difficile des structures au niveau des parcours dinsertion. Les structures font presque toutes la même chose et interviennent presque à tout moment du parcours, ne se différenciant que par leur statut, le type de public accueilli et leur secteur dactivité. Il est quasiment impossible de mettre en évidence un positionnement clair des structures au niveau des parcours dinsertion. Ce manque de spécialisation est peut être dû au fait que ces structures ne sont pas financées pour des actions spécifiques mais plus globalement pour linsertion vers lemploi de personnes en difficulté. Le fait que les structures se soient créées bien avant le PLIE, nintégrant donc pas cette notion de positionnement sur une ou plusieurs étapes des parcours peut également expliquer ce constat. Seule lETTI, créée après la mise en place du PLIE, a une spécificité et se situe clairement au niveau de la finalisation des parcours dinsertion.
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Cette non-spécialisation des structures engendre une méconnaissance des pré-requis à lentrée de chaque structure. Or, un positionnement clair des structures dinsertion, avec des pré-requis bien définis, faciliterait la tâche des prescripteurs et rendrait les parcours dinsertion plus efficaces.
Lagrégation de ces différents dysfonctionnements peut conduire à une certaine inefficacité du dispositif dinsertion du Territoire de Belfort. Le passage par les structures dinsertion par lactivité économique doit sinscrire dans le cadre dun parcours dinsertion visant à permettre à la personne considérée daccéder à une formation qualifiante, de trouver ou de retrouver un emploi dans les conditions normales du marché. Dès lors, il sagit de redéfinir, de bien recadrer la notion de parcours dinsertion dans ce dispositif dinsertion.
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Le parcours, cest laccompagnement des personnes par lorientation vers le dispositif le plus approprié à un moment donné, le suivi de la personne dans la structure daccueil, le bilan et la réorientation éventuelle vers un autre dispositif à lissue de cette étape.
La structuration du dispositif dinsertion semble nécessaire afin de garantir à la fois lefficacité et la pertinence des parcours dinsertion ainsi que des financements mobilisés. Lorganisation proposée par la MIFE-ODEF a pour but de remédier aux dysfonctionnements repérés lors de létat des lieux à savoir labsence de prescripteurs et la nonspécialisation des structures dinsertion. |
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| Le schéma dorganisation des parcours dinsertion proposé par la MIFE-ODEF Comme il nexiste pas de parcours dinsertion " optimal ", les cheminements étant individuels et différenciés, la MIFE-ODEF se propose dinsuffler de la logique dans lorganisation des parcours en définissant des grandes étapes correspondant à des objectifs précis. Chacune des étapes est constituée dun certain nombre dactions qui, tout en étant différenciées, correspondent à lobjectif de létape. La finalité des parcours tels que proposés par la MIFE-ODEF est donc laccès à lemploi (pour un public éloigné de lemploi) : cest à ce titre quil ny a pas de flèche de retour.
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Bien sûr, la réflexion a pris en compte le fait que les parcours ne sont pas linéaires : le bénéficiaire ne passe pas les étapes les unes après les autres. On peut avoir à partir de cette schématisation autant de parcours que de bénéficiaires. La mise en uvre de cette organisation des parcours dinsertion est basée sur une préconisation fondamentale : il y a au départ des parcours des prescripteurs bien identifiés chargés de laccueil, du diagnostic, de lorientation et du suivi tout le long des parcours. Ce sont ces prescripteurs qui orientent les bénéficiaires vers telle ou telle étape selon lobjectif visé. |
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| Ainsi, le bénéficiaire dispose dun interlocuteur clairement identifié, pour laccompagner dans ses démarches, pour lui apporter conseils et moyens, pour intervenir à ses côtés tout au long de la période daccompagnement : cest le " référent " ou " pilote ". Il ny a pas de parcours sans prescripteur-référent. On parlera de " référent-pilote " quand il sagit de la personne qui accompagne le bénéficiaire tout au long des parcours et de " tuteur " pour celle qui est chargée de laccueil, du diagnostic et du suivi du bénéficiaire au sein de la structure daccueil.
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Car le bénéficiaire a aussi un référent au sein de la structure daccueil : cest la personne (dans la plupart des cas laccompagnateur social) qui va être son interlocuteur au sein de cette structure. Cette nouvelle organisation fonctionne donc sur la constitution de binômes de référents (pilote et tuteur) pour un même bénéficiaire. |
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| Binômes qui doivent permettre, sous réserve de coordination et de partenariat entre eux, de faire jouer la complémentarité de compétences de deux référents au service dun même bénéficiaire et dassurer ainsi une meilleure continuité du suivi de ce bénéficiaire. Enfin, un des axes retenus lors de la réflexion a porté sur le positionnement des structures sur ces étapes. Ce positionnement est défini au regard de la spécialité des structures, de leur objectif principal, mais aussi en fonction des mesures proposées et du type de public accueilli par ces structures.
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Bien entendu, le fait de positionner une structure sur une étape ne lempêche pas dintervenir sur dautres étapes à laide dautres mesures. Le but étant darriver quand même à une certaine spécialisation des structures sur une étape en terme dobjectif principal et de mesure utilisée pour y arriver. | ||
| Le PLIE du Territoire de Belfort se doit de développer une démarche globale de proximité, de synergie et daccompagnement des acteurs de linsertion par léconomique et autres structures dinsertion. Dans cet objectif de fonctionnement en réseau, la MIFE-ODEF a proposé un schéma dorganisation des parcours dinsertion qui repose sur lidée dun référent unique (le prescripteur) qui a une bonne connaissance des outils de linsertion et qui met en route tout un mécanisme (le réseau des structures dinsertion) dans le but de faire accéder de façon durable le bénéficiaire (public du PLIE) à lemploi. Le bon fonctionnement de ce schéma repose toutefois sur ladhésion de tous les acteurs de linsertion. Il est important également que le bénéficiaire soit un partenaire impliqué lors de lélaboration de son projet socioprofessionnel et non simplement " un acteur " qui subirait ce projet. Mais, si la structuration des outils disponibles dans le dispositif dinsertion doit permettre daméliorer lefficacité du PLIE, il est indéniable quelle conduira aussi à une nouvelle allocation des ressources (financières et humaines) entre les structures du PLIE. A court terme, des comportements stratégiques peuvent donc apparaître lors du positionnement des structures sur les différentes étapes. Il faudra en tenir compte et éviter daboutir à une situation, peu souhaitable, où le positionnement se ferait à la carte, en fonction des enveloppes financières associées aux différentes étapes (et leurs actions). Une vision à plus long terme permettrait pourtant dévaluer lintérêt dune plus grande spécialisation des structures. Sur le plan humain, dabord, ce schéma devrait contribuer à réduire la désillusion rencontrée par certains publics au terme de parcours saccadés, pas toujours pertinents et qui peuvent aboutir à pas grand chose. Ensuite, la concentration des efforts (financiers et humains) sur un métier de base permettra daméliorer lefficacité du travail réalisé par les structures. Dautant que lorientation des publics en difficultés tiendrait compte dorénavant des pré-requis affichées par les structures. |
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