Conclusion

Quelle belle contradiction ! Voilà donc des jeunes demandeurs d’emplois avec des ressources peu importantes et instables, qui sont à la recherche d’un emploi mais qui n’ont pas le réflexe de penser au Programme " Nouveaux Services-Emplois Jeunes ". Les conclusions de l’étude conduite par le MIFE-ODEF sont claires : la quasi méconnaissance du dispositif, de ses objectifs, de sa mise en œuvre locale (Charte de Qualité) et les manques d’information sérieux sur certains aspects (postes proposés, employeurs potentiels, conditions d’éligibilité, contrats associés, …) sont à l’origine d’une part d’un phénomène d’auto-exclusion fort chez les répondants et, d’autre part, d’une perception négative de ce programme pour certains d’entre eux (14 jeunes déclarent ne pas vouloir s’impliquer).

A ce stade la satisfaction peut-être grande de constater que les jeunes interrogés dans le cadre de cette étude n’ont pas (pas encore ?) tous une perception négative du dispositif : leur non-participation n’est pas due à une hostilité vis-à-vis du Programme mais bel et bien à un manque d’information indéniable sur le dispositif. En effet, il est plus aisé d’agir sur le degré d’information de ces jeunes que d’engager un travail forcément plus lourd pour restaurer la perception qu’ils ont du Programme.

En ce sens et au terme de cette étude, trois pistes doivent (peuvent) être suivies. D’abord, il semble incontournable que l’ANPE et la MDEJ renforcent (se réaproprient) leur rôle d’information sur le Programme " Nouveaux Services-Emplois Jeunes ". Nous l’avons vu, les jeunes n’ont pas le réflexe de s’adresser à ces deux structures pour obtenir des informations sur le dispositif. Ils sont encore trop nombreux à privilégier d’autres sources d’informations ! Il est nécessaire pour ces deux structures de faire savoir (ne serait ce que par l’affichage sur place ou mieux encore en organisant des réunions d’information collectives plus fréquemment) qu’elles sont là pour informer et expliquer le dispositif.

Ensuite, si l’on veut répondre à cette moindre participation des jeunes, il faut les informer sur le Programme. Mais pas uniquement dans le cadre d’une démarche initiée par eux. Plus exactement, comme cela est le cas avec les employeurs non encore impliqués dans le dispositif, il conviendrait de provoquer chez les jeunes la volonté d’engager des démarches dans le cadre du dispositif. Cela pourrait se faire par la tenue d’un troisième forum, forum qui serait consacré aux jeunes non impliqués dans le dispositif ou de réunions collectives. L’organisation de ce type de rencontre peut-être d’autant plus intéressant qu’elles pourraient en plus de la diffusion d’une information fiable sur le Programme, conduire à l’émergence d’idées voir de projets nouveaux par les jeunes eux-mêmes.

Enfin, il serait souhaitable (profitable) que les employeurs engagent un travail sur les profils/annonces de postes qu’ils diffusent auprès du public. Il faut en effet avouer qu’ils ne sont pas toujours abordables par tout le monde… Loin de vouloir sous entendre que certains publics puissent avoir des difficultés particulières de compréhensions, il s’agit plus d’alerter les employeurs et leur rappeler qu’ils ne s’adressent plus là aux services instructeurs des dossiers mais à des jeunes, dans leur diversité et qui ont besoin d’avoir une image claire et rapide des activités proposées.

De plus, trop d’annonces font mention de niveaux de formation minimum ! Si certaines activités (notamment celles liées à l’enfance) exigent un certain niveau de formation, et ce n’est pas un mal puisque le Programme n’exclue pas les diplômés, ce n’est pas le cas de toutes les activités proposées dans le cadre du dispositif. D’autant que, pour avoir abordé cette question avec certains d’entre eux, les employeurs expliquent que très souvent le niveau requis est indicatif et qu’ils n’attendent pas exclusivement des candidatures correspondantes au niveau indiqué sur l’annonce. Sauf qu’il faut souligner que l’auto-exclusion des jeunes se fait aussi au moment de la lecture de l’annonce ! Il semble donc que le travail de rédaction soit un élément important et qu’il faudrait préciser, chaque fois que possible, sur l’annonce que les candidatures ne correspondant pas au niveau de formation requis sont les biens venues.

 

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L’étude complète est disponible auprès de la MIFE-ODEF. MIFE-ODEF, mars 2000
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