Des répondants qui manquent donc d’informations …
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Etant donnés les circuits d’information privilégiés par les répondants et quelque soit l’opinion qu’ils ont de leur connaissance du dispositif (bonne, moyenne, mauvaise ou très mauvaise), on constate l’existence d’un certain nombre d’éléments sur lesquels les répondants affichent indéniablement un manque d’informations.

Les réponses apportées par les répondants sur les aspects méconnus renforcent avant tout le constat d’une méconnaissance globale du dispositif.

Tableau n°4 : les aspects méconnus du dispositif
(plusieurs réponses possibles)

Manque d’informations sur
Nbre de citations
Les secteurs d’activités proposés
98
Les employeurs
94
Les démarches à suivre pour postuler
91
Conditions d’éligibilité au programme
85
Cadre de travail, législation, contrat
84
Le salaire
75
Source : enquête MIFE-ODEF, octobre 1999

 

… sur les activités proposées ainsi que sur les employeurs potentiels, …

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Les répondants ont une vision restreinte des secteurs d’activité et des postes proposés : ils ne connaissent que les postes emplois jeunes occupés par des connaissances, les postes les plus cités étant ceux de médiateur, agent de sécurité, agent d’entretien des espaces verts. Ces jeunes pensent dès lors que les postes proposés dans le cadre du dispositif sont limités aux postes dont ils entendent parler.

Or, très souvent, les répondants ont précisé que ces postes là (médiateurs, agents de sécurité, agents d’entretien des espaces verts) ne les intéressent absolument pas.

D’autre part, il est apparu au cours de l’étude que certains répondants pensent qu’il est possible d’occuper un poste emploi jeune dans n’importe quel métier.

Ainsi, ils voudraient occuper (pensent qu’il est possible d’occuper) des postes en qualité de vendeur, secrétaire, caissière … Bref, des métiers classiques et qui ne sont pas susceptibles d’être proposés dans le cadre du Programme " Nouveaux Services-Emplois Jeunes ".

Les répondants ne comprennent donc pas la " philosophie " du Programme et plus précisément sa volonté de répondre à des besoins non satisfaits ou émergents par la création d’activités nouvelles (d’emplois nouveaux).

Un constat similaire peut être fait en ce qui concerne les employeurs éligibles : les répondants ne savent pas non plus quels employeurs peuvent embaucher dans le cadre du dispositif. Pour la grande majorité d’entre eux, les employeurs se limitent aux mairies de leurs communes, à l’Education Nationale, à la mairie de Belfort et au Conseil Général du Territoire de Belfort.

 

… sur les conditions d’éligibilité au Programme …

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Les répondants manquent aussi d’information sur les conditions d’éligibilité au programme. En effet, 85 jeunes déclarent ne pas connaître, ou très peu, les conditions à remplir pour pouvoir bénéficier d’un poste emploi jeune.
La majorité des jeunes interrogés pense que pour être éligible au dispositif, il faut être âgé de moins de 26 ans (condition citée par 69 jeunes), avoir un niveau de formation minimum (45 jeunes) et une certaine expérience dans le domaine d’activité recherché (cité 15 fois). Par ailleurs, les jeunes âgés de plus de 26 ans ne savent pas toujours qu’ils sont éligibles au Programme.
 

… et qui ne savent pas où s’adresser pour avoir une information fiable.

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La méconnaissance du rôle de l’ANPE et de la MDEJ concernant le Programme ne fait qu’aggraver le déficit informationnel des jeunes sur le dispositif. Ainsi, les répondants ne s’adressent spontanément ni à l’ANPE ni à la MDEJ pour s’informer sur le Programme.

D’ailleurs, certains répondants de moins de 26 ans ne connaissent même pas l’existence de la MDEJ ou pensent que cette structure s’adresse en priorité aux jeunes avec un faible niveau de formation ou qui sont en difficultés. C’est notamment le cas, mais pas exclusivement, des répondants habitants en dehors de Belfort (54 jeunes) : 10 d’entre eux seulement ont cité la MDEJ.

En ce qui concerne l’ANPE, les répondants expliquent certes qu’ils s’y rendent pour consulter les offres d’emploi, mais ils ne savent pas que l’ANPE est là pour les informer sur le Programme et sur les démarches à suivre pour postuler. Ils pensent alors qu’il faut s’adresser directement à l’employeur par candidature spontanée.
 

La méconnaissance du dispositif au cœur de la non participation des jeunes, …

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L’étude, et ce dès les tous premiers entretiens, a permis de mettre en évidence la méconnaissance du dispositif : les jeunes ne savent pas grand chose du programme ni surtout à qui il s’adresse.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant de ne pas voir les répondants s’impliquer dans ce dispositif. En effet, la méconnaissance quasi totale du dispositif entraîne un phénomène d’auto-exclusion très fort chez ces jeunes.

La majorité des répondants s’intéresse au dispositif " Nouveaux Services-Emplois Jeunes ". En effet, 47 % des jeunes interrogés accepteraient d’office de postuler à un emploi jeune ; pour 39 %, ce serait en fonction du poste et du salaire et enfin 14 % ne sont pas du tout intéressés. Ainsi, exception faite des 14 répondants qui, en l’état actuel de leur information, rejettent le dispositif, les répondants affirment leur volonté de participer au Programme.

La non participation de ces jeunes au programme s’explique alors clairement par le fait qu’ils s’auto-excluent du programme en raison de la méconnaissance du dispositif ou de certains aspects du dispositif, en particulier des conditions d’éligibilité, des postes emplois jeunes et des démarches à suivre pour s’informer et postuler.

Ainsi, certains répondants pensent ne pas être éligibles au programme car ils ont plus de 26 ans (9 répondants parmi les 20 âgés de plus de 26 ans). D’autres pensent qu’ils n’ont pas un niveau de formation suffisant (baccalauréat) ou qu’ils manquent d’expérience dans le domaine recherché pour pouvoir postuler. Enfin, la méconnaissance des postes freine certains répondants qui pensent que les secteurs d’activités se limitent à ceux qu’ils connaissent et qui ne les intéressent pas.

Dans ces conditions, les répondants préfèrent ne pas s’impliquer dans ce dispositif, d’autant plus que certains d’entre eux (les plus fragilisés) ne veulent plus connaître d’échec dans leur recherche d’emploi.

 

… et d’une perception négative du dispositif auprès de certains répondants.

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Toutefois, certains répondants ont d’ores et déjà une image assez négative du dispositif du fait de leur manque d’informations : ils ne sont pas du tout intéressés par le programme. Pour, eux ce programme est synonyme de mesure d’insertion pour des personnes en difficulté et peut-être à l’origine d’une nouvelle forme de précarité. Principalement, deux catégories de répondants ne se sentent pas concernés par ce dispositif.

Les diplômés d’abord pour qui (certains d’entre eux du moins) occuper un poste emploi jeune constituerait un échec étant donné leur niveau de formation et leurs ambitions professionnelles.

Si 8 d’entre eux accepteraient d’occuper un poste emploi jeune, 6 refusent catégoriquement et 8 précisent que cela dépendrait du salaire (qui devra être supérieur au SMIC) et du poste (avec responsabilités). Par ailleurs, il faut souligner que 7 jeunes diplômés ont déjà eu des propositions auxquelles ils n’ont pas donné suite.

Ensuite, certains jeunes " un peu plus âgés " avouent ne pas s’orienter vers ce genre de dispositif dans la mesure où il ne permet pas de répondre à une certaine stabilité recherchée, voire exigée par leur âge. En l’état actuel de leur information, ils considèrent donc le dispositif comme précaire.

Dès lors, ces répondants préfèrent préparer des concours et prendre le temps de trouver un emploi " normal ", tant qu’ils peuvent bénéficier de l’aide des parents ou d’indemnités ASSEDIC. Mais, il faut rappeler que dans la majorité des cas, cette perception négative est aussi due à l’accumulation de fausses informations.

 

Mais la majorité des répondants voient dans ce dispositif une opportunité, …

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Effectivement, la grande majorité des répondants affirment leur volonté de participer au programme si l’opportunité se présentait (47 répondants accepteraient d’office de postuler, pour 39 jeunes ce serait fonction du poste et du salaire).

Pour eux, c’est l’opportunité à saisir pour quitter la précarité (liée à leur situation ou aux contrats qu’on leur propose habituellement) d’autant plus qu’il s’agit là de postes salariés à part entière, avec un contrat de travail classique. D’autant plus aussi que malgré le manque évident d’information, une part non négligeable de répondants a une perception positive sur le fait d’occuper un poste emploi jeune et sur les tâches qui leur sont associées (respectivement 42 % et 62 %).

Ils voient dans ce dispositif, une opportunité, une chance réelle de trouver un emploi et d’avoir une première expérience. Notamment, le rôle de tremplin que peut-être amené à jouer le Programme est bien perçu, tremplin qui favorisera leur insertion dans le marché du travail.

Enfin, les répondants voient également les incitations liées à l’emploi des jeunes sur un marché du travail qui jusque là leur était peu ouvert.

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