| Des procédures de recrutement classiques |
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Par sa philosophie même, le Programme incite au développement dactivités nouvelles. De fait, il paraît difficile, voire contradictoire, de demander aux candidats une certaine expérience dans lactivité considérée ou, de surcroît, un diplôme ou une formation correspondant à cette activité. Dès lors, la nature des critères décisifs à lembauche est forcément autre que celle des critères, beaucoup plus classiques, portant sur le niveau de formation et/ lexpérience.
Ces critères seraient plus subtiles et plus novateurs dans la mesure où la motivation du candidat, sa capacité dadaptation au poste et de développement de lactivité, son implication dans la vie associative, sa personnalité devraient constituer des éléments primordiaux lors du recrutement, même sils sont plus difficiles à cerner que le diplôme ou lexpérience. Recruter les jeunes non pas en fonction de leur cursus de formation mais au regard de leur personnalité, de leur motivation et de leur potentiel aurait donc pu constituer la véritable innovation du Programme. Bien entendu, il ne sagit absolument pas de susciter un sentiment de culpabilité chez les employeurs qui ont recruté des jeunes dont le niveau de formation est élevé. Simplement, il est intéressant de constater quils nont pas forcément dérogé aux règles de recrutement classiques. |
Certains employeurs du Territoire de Belfort ont toutefois relevé ce pari en proposant des profils de poste ne mentionnant aucun niveau de formation. Quelques jeunes ont donc été recrutés sur des postes sans rapport avec leur diplôme ou leur discipline, la sélection sétant opérée au regard du candidat et de sa personnalité.
Ce qui peut toutefois paraître surprenant, cest que cela ait pu aussi être observé dans le domaine des NTIC : une solution de " facilité ", tant au regard de lautonomie que de lefficacité du travail, aurait en effet consisté à recruter des informaticiens. Cependant, le choix a été fait de faire un pari sur des jeunes (non informaticiens) et de les accompagner dans ce pari, au travers de la formation et de lencadrement. Un tel comportement na pas pu être observé auprès dun grand nombre demployeurs. Dans tous les secteurs analysés, les employeurs du Territoire de Belfort ont majoritairement appliqué des procédures de recrutement classiques qui se sont déroulées en deux temps : dabord, une présélection a été opérée parmi lensemble des candidats sur la base des CV et des lettres de motivation, puis, dans un deuxième temps, les candidats entrent dans la phase des entretiens. |
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Les fondateurs de la Charte de Qualité relative à la mise en uvre du Programme dans le Territoire de Belfort ont prévu de proposer aux employeurs une assistance lors de leurs recrutements. Ils ont donc la possibilité de demander à lANPE et à la MDEJ de diffuser loffre et de présélectionner les candidats.
Les conseillers de la MDEJ et de lANPE sont très vigilants sur les critères requis par les employeurs, notamment le niveau de formation, de façon à ne pas exclure les publics les plus en difficultés. A loccasion, ils ont donc pu proposer aux employeurs délargir leurs critères, même si les dérogations systématiques aux attentes des employeurs ne sont pas toujours possibles. En plus des candidats proposés par les conseillers MDEJ-ANPE, les employeurs puisent également dans leur fichier interne de candidatures spontanées. De façon classique, les responsables du recrutement, en général le chef de service puis le DRH, opèrent un premier tri au regard des CV et de la lettre de motivation. Une discussion intéressante a alors été soumise aux employeurs : est-il possible de juger réellement une candidature sur un poste emploi jeune (activités nouvelles et évolutives) au regard de la lettre de motivation et du CV ? |
Ce nest pas tant le fait danalyser la lettre de motivation qui pose problème mais beaucoup plus les conclusions que les employeurs en tirent. Ainsi, se servir de la lettre de motivation comme complément dinformation au CV est tout à fait compréhensible.
En revanche, sen servir comme un moyen de sélection stricte (qui permet dévincer certains candidats) constitue un comportement plus discutable. Parmi lensemble des employeurs rencontrés, seules deux collectivités du Territoire de Belfort ont précisé ne pas voir dans la lettre de motivation une grande source dinformations sur les candidats : la seule rencontre avec le candidat permet la sélection. Aussi, dans ces deux structures (certes, il sagit de structures importantes) et surtout sur des postes de médiateurs, lensemble des candidats positionnés a été reçu en entretien. |
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Une fois la présélection opérée (au regard du niveau de formation, de lexpérience, de la lettre de motivation,
) la plupart des employeurs du Territoire de Belfort ont accordé une importance aux critères qualitatifs relatifs à la personne lors des recrutements. A ce stade, il sest surtout agit de juger la motivation du candidat et didentifier sa stratégie (mettre un pied dans la structure, solution dattente ou motivation réelle).
Dans la majorité des cas, les entretiens ont été des entretiens dembauche classiques : le jury est composé du DRH, du chef de service concerné et, quelques fois, dun représentant du personnel. De plus, dans certains cas, le jury pouvait être de nature à impressionner quelque peu le candidat, tant sur sa composition (grand nombre de personnes, dont certains élus) que sur sa forme (salle de réunion imposante). Une forte contradiction (déception) apparaît alors, entre un programme qui se veut innovant au regard des activités développées, de la façon de rendre ces activités, au regard du dispositif daccompagnement des jeunes salariés (tutorat, professionnalisation), qui affiche aussi des ambitions sur la modernisation du service public et du fonctionnement des structures relevant de la fonction publique territoriale mais qui na pas prévu damener les employeurs à innover aussi quant aux procédures de recrutement. |
Dès lors, les procédures de recrutement mises en uvre dans le cadre du Programme ont été " calquées " sur le schéma traditionnel (" on fait comme on a lhabitude de faire ").
Or, ce schéma tranche indéniablement avec les ambitions affichées par le Programme sur le plan de linnovation : tout se passe donc comme sil y avait un chaînon manquant dans ce dispositif. Aussi, concernant laspect précis des procédures de recrutement mises en uvre dans le cadre du dispositif (à lexception de quelques employeurs), il est indéniable que le Programme na pas eu dimpact, ou trop peu. Linnovation attendue sur le plan de la modernisation du fonctionnement des structures publiques sen trouve dautant plus limitée. |
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