Nous avons environ 230 salariés permanents dont 63 % de femmes. Presque un quart d’entre elles travaillent comme hôtesses de caisse. Il y a plus de mixité parmi les chefs de rayon, les cadres et les vendeurs. J’aimerais avoir davantage de mixité, c’est plus riche. Parfois, je regrette de ne pas recevoir des candidatures d’apprentie boulangère ou bouchère ou je souhaiterais avoir plus d’hommes en lignes de caisses, mais il existe encore des freins culturels.
Pourtant les étudiants garçons sont de très bons hôtes de caisse, quelque fois meilleurs que les étudiantes. La performance n’est pas du tout liée au sexe.
Quelles sont les mesures prises pour favoriser la mixité et l’égalité professionnelle femmes-hommes ?
En 2007, le groupe Auchan France a décidé de mettre en place le temps complet choisi. Il s’agit d’une volonté forte d’Arnaud Mulliez, suite à la demande de ses collaborateurs, en particulier en région parisienne où beaucoup de jeunes femmes en famille monoparentale avaient énormément de mal à vivre avec des contrats à temps partiel.
Via des affiches et des réunions, nous avons donc informé nos employés travaillant à temps partiel (environ 40 % de nos effectifs) sur cette mesure permettant de travailler à temps complet. La condition pour y accéder était l’acceptation de la polyactivité, c’est-à-dire que la personne continuait à exercer son métier principal mais elle venait en complément, une ou deux journées par semaine, travailler sur un autre métier, dans un autre service que le sien, selon les besoins du magasin.
10 personnes (8 femmes et 2 hommes soit 4 % des effectifs) se sont manifestées et ont envoyé un courrier pour demander le passage à temps complet alors qu’on partait avec un prévisionnel de 30 %.8 travaillaient en caisse, 2 étaient employés libre service.
Contrairement à la région parisienne, on est ici dans une région plutôt familiale et la plupart de nos hôtesses préfèrent travailler à temps partiel (30 heures) afin de concilier au mieux leur vie professionnelle et familiale. Nous n’avons pas de femmes en famille monoparentale.
De plus, nous organisons chaque année une commission égalité professionnelle, au cours de laquelle le directeur réunit les organisations syndicales signataires de l’accord sur l’égalité professionnelle femmes-hommes afin d’étudier le rapport de situation comparée et de prendre les mesures nécessaires. Il s’agit de lutter contre toute forme de discrimination à l’encontre des femmes et favoriser l’égalité et la mixité entre les statuts et les métiers.
Nous avons également, dans le cadre de notre accord salarial, une disposition sur le congé maternité. À Auchan, les femmes cadres en congé maternité ont la même révision de salaire que si elles étaient présentes, ce n’est plus un frein par rapport à l’évolution salariale comme ça pouvait l’être. C’est une sacrée avancée.
Enfin, nous accordons de la souplesse dans le domaine du temps de travail. La plupart des mamans d’enfants en bas âge ont leur mercredi de repos chez nous. L’embauche des étudiants a été pensée pour cela aussi, afin de permettre aux mères de famille de ne pas devoir travailler les vendredis et samedis soirs.
Un message à adresser aux autres entreprises afin de se lancer dans la démarche égalité ?
C’est la vision des contraintes qu’il faudrait changer. Une femme n’est pas qu’une somme de contraintes parce qu’elle a des enfants et qu’ils tombent malades. Les femmes sont autant capables que les hommes d’occuper n’importe quel poste.
Karine
vendeuse rayon maison & loisirs et cuisine
J’ai rejoint Auchan il y a 10 ans comme hôtesse de caisse. J’ai également fait des remplacements à l’accueil du magasin ainsi que des animations pour les enfants le mercredi. À mon retour de congé parental, on nous a proposé de passer à 35 heures, en acceptant de faire de la polyvalence dans les rayons qui en avaient besoin.
J’ai ainsi découvert les rayons poissonnerie, charcuterie puis maison & loisirs et cuisine où un poste à temps plein s’est libéré.
C’est passionnant pour moi qui adore le commerce ! Ce n’est pas juste de la mise en rayon, on discute avec les fournisseurs, on s’informe sur les produits, on les met en scène. J’aime mon métier, j’ai l’impression que ce rayon a été fait pour moi.
Travailler 35 heures permet bien sûr d’avoir un salaire un peu plus important, mais c’est surtout une fierté de se dire qu’on est une femme active et qu’on apporte quelque chose à la société.
Je me sens bien dans mon travail, on est une bonne équipe, il y a une bonne entente, on est écouté et respecté. Ici, c’est un peu ma deuxième famille.
Je veux continuer à avancer et évoluer, ne surtout pas m’arrêter.