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AIMER LA VIE ET AIMER LES GENS




Valérie Mougeot


directrice de l’association Colchique

Notre mission est le soutien à domicile des personnes âgées ou handicapées, 24 heures sur 24, 365 jours par an. Le travail est assez vaste : aide au lever, préparation des repas, aide à la toilette, à l’habillage et à la mobilisation, entretien de l’appartement, courses, garde de nuit, etc. À la demande de nos usagers nous avons également créé les services bricolage et transport accompagné.

À nos débuts en avril 1989, nous étions une vingtaine de salariés, contre 288 aujourd’hui, dont 3 hommes. Nous souhaiterions en avoir davantage car ils sont très sollicités, mais ce métier véhicule culturellement une image très féminine et nous recevons peu de candidatures masculines. ≈

La mixité dans vos équipes est-elle importante ?

Bien évidemment ça nous intéresse d’avoir des hommes, pour certaines tâches comme les mobilisations et certaines pathologies. Mais les hommes nous apportent surtout d’autres idées, un éventail plus large de compétences et de  personnalités à proposer aux personnes aidées.

Pour nos recrutements, on regarde avant tout la formation, les compétences et le savoir être des candidats, hommes ou femmes. M. Lorgeou a été recruté en 2002 puis on l’a incité à passer le DEAVS* via la VAE**. Au départ, on a eu quelques réticences de femmes âgées. Mais quand on explique, ça passe très bien ! ≈

Quel message adresseriez-vous aux hommes pour qu’ils se tournent vers ce métier ?

Les associations d’aide à domicile ont fait le pari de la professionnalisation de leurs salariés qui sont dûment formés et qualifiés, contrairement aux « emplois directs ». Nous proposons des évolutions de carrière, des formations et de meilleures garanties sociales à nos salariés que le « gré à gré ».

C’est un métier où il y aura de l’emploi dans les années à venir du fait de l’arrivée prochaine des baby boomers. Mais il ne faut pas se tourner vers ce métier par défaut, ni parce qu’il y a des débouchés. Il faut vraiment aimer les contacts humains, on donne et on reçoit beaucoup. ≈

* DEAVS = Diplôme d’État d’auxiliaire de vie sociale

** VAE = validation des acquis de l’expérience

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Martial
52 ans, auxiliaire de vie sociale

MartialJ’ai travaillé en industrie puis dans un restaurant qui a fermé en 2002. En voyant une affiche « formation auxiliaire de vie sociale » à l’Anpe, j’ai eu un déclic même si je ne connaissais pas ce métier. Le jour-même je passais des tests d’évaluation à la MIFE. J’aime les contacts humains alors je me suis lancé.

La formation a duré 6 mois, nous étions 2 hommes sur 12 stagiaires. Un jour, Mme Parisot, directrice de Colchique à l’époque, est intervenue. Je posais beaucoup de questions. Cela a dû lui plaire car elle m’a proposé d’aller la voir à la sortie de ma qualification, ce que j’ai fait. J’ai été engagé tout de suite.

En quoi consiste votre métier ?

Je ne suis pas homme de ménage ! Je ne suis pas là pour récurer, faire la vaisselle ou les carreaux, je suis là pour le bien-être de la personne. Certes, on vit de plus en plus vieux, mais dans quel état, cela on n’en parle jamais, moi je veux qu’on vive avec une vie qui soit la plus belle possible.  Actuellement, je m’occupe de 4 personnes et j’assure également des gardes de nuit. J’aime rencontrer les gens et dialoguer avec eux. Il n’y a pas de routine dans ce métier-là. C’est riche car chaque personne est différente. À la fin de ma journée, je sais que j’ai servi à quelque chose, les personnes sont mieux dans leur tête, mieux physiquement.

Il n’y a pas de routine dans mon métier. À la fin de ma journée, je sais que j’ai servi à quelque chose, les personnes sont mieux dans leur tête, mieux physiquement.

On ne s’improvise pas auxiliaire de vie du jour au lendemain, il faut une formation sérieuse pour acquérir des techniques. En plus du DEAVS, j’ai suivi un stage de manutention et de premiers secours.

Pensez-vous exercer un métier de femme ?

Absolument pas. D’ailleurs qu’est-ce qu’un métier d’homme ou un métier de femme ? La plupart des gens pensent qu’on ne fait que le ménage, c’est pour ça qu’on est si peu d’hommes. C’est faux, la priorité c’est vraiment le bien-être des personnes.

Il faut aimer la vie, s’aimer soi-même afin de pouvoir aider les autres. Il faut aimer dialoguer avec les gens, s’intéresser à leur vécu, être à l’écoute. Il faut également être patient et fort psychologiquement face à certaines maladies, car il y a toujours une part d’affectif. On encaisse beaucoup de choses, mais cela fait encore plus aimer la vie.


• ÉGALITÉ MIXITÉ MODE D’EMPLOI • n°7 • juillet-août 2009 • Directeur de la publication : Bertrand Creusy • Responsable de la publication : Anne-Sophie Berche • Conception-réalisation : MIFE-Cité des métiers 2008-2009, Sylvaine Boilloux • Photos : Samuel Carnovali • ISSN 2100-0018 •
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Anne-Sophie Berche / tél. 03 84 90 40 00