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Les femmes et la création d’entreprise

La société ROKELEC, spécialisée dans le câblage industriel et la maintenance sur site, est née en août 2000. Karima Goubert l’a créée et la dirige aujourd’hui avec autant de passion et de détermination qu’elle a pu en avoir pour concrétiser son projet. Car les démarches ne sont pas simples lorsque l’on crée une société : montage de dossiers, procédures administratives et négociations avec les banques ; il faut prévoir environ une année éprouvante tant physiquement que moralement pour voir naître une entreprise, surtout quand on se lance avec peu d’apports financiers. Mais arriver au but que l’on s’est fixé, n’est-ce pas là une aventure excitante ?

Originaire de la région parisienne, Karima Goubert est arrivée à Belfort en 1998. Diplômée d’action commerciale et d’une année de management - gestion de l’entreprise, elle fut salariée à un poste d’encadrement sur un site de production industriel. Cette jeune femme, bien déterminée, a eu très vite l’envie de créer une entreprise : « quand on se lance dans un projet de création, c’est un défi. Quand l’entreprise voit le jour, c’est toujours un défi mais au quotidien cette fois... Un quotidien accompagné de belles satisfactions. J’ai le droit de douter parfois, mais pas celui de flancher, car il y a une équipe qui m’accompagne ».

Dans la création d’entreprise, il ne faut pas parler de chance mais d’opportunités à saisir

Et parmi ceux qui l’accompagnent, son mari. Associé depuis deux ans, il est l'un des cadres dirigeants de la société Rokelec qui compte à ce jour 17 salariés. Aux autres postes à responsabilités : des femmes. Elles ont en charge le suivi de l’atelier, la gestion du magasin ou encore du contrôle. Quand elle parle de mixité, Karima Goubert parle d’équilibre social. Ici, pas de différences de salaires ou de traitements. En ce qui concerne l’attribution des postes nécessitant de la force physique, elle privilégie légitimement la gent masculine. « Mais aussi, précise-t-elle, si l’on retrouve plus d’hommes que de femmes aux postes de production, c’est juste parce que 90 % des candidatures sont masculines. Réciproquement aux postes administratifs, où 99 % des candidatures sont féminines ».

Karima Goubert apprécie et reconnaît la qualité et la rapidité d’exécution du travail des femmes dans le métier du câblage. « On vit dans une société exigeante où la qualité d’exécution, l’esthétique du produit et le service rendu doivent être irréprochables. Je pense que les femmes sont plus exigeantes avec elles-mêmes que les hommes. Il semble alors normal de les retrouver dans les activités minutieuses de l’industrie. Il y a encore une certaine surprise affichée sur le visage de certains prospects, essentiellement masculins, lorsqu’ils me rencontrent… Mais dans l’industrie, comme dans d’autres secteurs, ce sont les compétences qui priment ! Par contre, il reste encore un long travail pour intégrer des femmes sur les chantiers. Il faut reconnaître que celles-ci se font subir plus de contraintes familiales, elles partent donc moins facilement en mission de déplacement. C’est toujours plus simple pour un homme de s’en aller quelques jours ».

L’organisation familiale, parlons-en ! Karima Goubert a fait naître Rokelec en août 2000 et son deuxième enfant trois mois plus tard ! Aujourd’hui maman de deux petits de 3 et 7 ans, elle reconnaît travailler beaucoup. L’ordinateur portable, le téléphone mobile, les dossiers qu’elle ramène à la maison et qu’elle traite pendant que les enfants sont couchés... C’est ça aussi la vie d’une chef d’entreprise, mais elle précise que c’est un choix de sa part : « quand on souhaite avoir des responsabilités professionnelles, déclare-t-elle, il faut savoir déléguer. Il y a une grande complicité professionnelle entre mon mari et moi. Nous partageons naturellement les tâches domestiques et l’éducation des enfants. Il faut que les femmes comprennent que les hommes peuvent faire ça tout aussi bien qu’elles, il suffit de leur faire confiance ».

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