clients peuvent être issus de tous les secteurs d’activités : assurances, banques, industries métallurgique et chimique, cabinets de juristes, constructeurs et assurances, banques, industries métallurgique et chimique, cabinets de juristes, constructeurs et fabricants d’équipements automobiles, municipalités, gouvernement, etc. Pour mieux comprendre, prenons une entreprise qui souhaite s’implanter dans un autre pays. Elle souhaite identifier ses futurs concurrents et les différentes possibilités offertes par ce nouveau marché. Le cabinet K. Investigations a démontré que les concurrents sont quasiment inexistants et que la demande dans le secteur d’activités s’avère très importante dans ce pays. C’est un exemple parmi les nombreuses enquêtes pour lesquelles le cabinet K. Investigations peut être sollicité.
« Ce n’est pas un métier auquel on a accès facilement » précise Céline Debray. « Je l’ai découvert grâce à un professeur très axé veille technologique. J’ai commencé par un DUT “information communication”, option documentation d’entreprise, qui avait pour vocation de former à des métiers tels que bibliothécaire, documentaliste d’entreprise, archiviste, métiers du livre éventuellement. Le métier de la veille est plus technique, plus ciblé sur les nouvelles technologies de l’information et je n’avais pas d’attirance particulière pour la technologie. C’est au cours de ma deuxième année de DUT que j’ai commencé à réellement m’y intéresser ».
À l’issue de six mois de stage, elle occupe un premier emploi dans un cabinet de conseil mais décide également de continuer ses études en formation continue, soir et week-end. Elle obtient ainsi deux maîtrises spécifiques aux métiers du multimédia “développement internet” d’une part et “nouvelles technologies de l’information pour le développement des entreprises” d’autre part.
Elle accepte ensuite un poste en Lorraine, vit une petite période d’inactivité et retourne à Strasbourg où elle est embauchée pour renforcer l’équipe du cabinet K. Investigations depuis janvier 2004.
« Yann Kretz, directeur et fondateur du cabinet, est un ancien sous officier de la gendarmerie. Il a un profil d’enquêteur qui complète mon profil plus axé conseil et veille stratégique » précise Celine. « Nous faisons de l’investigation pour les entreprises. Les méthodologies de recherche sont très structurées. Cependant et au delà des méthodes, il faut un grand sens relationnel, car sans le réseau, il ne se passe rien. Il faut le plus possible favoriser les rencontres et le contact humain car on est toujours confronté à collecter, chercher les informations, les vérifier, connaître leurs sources pour les recouper avec d’autres sources. Sans cette rigueur de vérification de l’information, on peut être induit en erreur et donc préconiser de mauvaises recommandations. »
En effet, comme l’explique Céline, il y a deux types d’information :
« On est dans une société d’informations où on n’arrive plus à discerner le vrai du faux. Il faut faire le tri. C’est déjà avec des moyens humains. C’est du ressenti et du bon sens.
Le contact, le relationnel est très important. L’information humaine est peu vérifiable. Les rumeurs ou la désinformation peuvent nous emmener loin de la vérité. Mais en même temps, ce sont des infos qu’on ne retrouvera nulle part ailleurs. Donc il y a une certaine dualité dans cette première méthode du renseignement humain.
La deuxième, c’est toute l’information électronique, les bases de données économiques et financières et toute l’information qu’on peut trouver sur internet. C’est gigantesque. On les analyse et on tente d’en tirer des conclusions. En fait, on reconstitue tout un puzzle avec des bribes d’information. Il faut vraiment aimer fouiller. On est loin du métier de documentaliste et en même temps les méthodes sont un peu les mêmes. C’est collecter, traiter, diffuser de l’information. Mais le sujet, l’objectif est totalement différent. Nous travaillons pour la compétitivité des entreprises. D’ailleurs, les entreprises françaises sont encore peu sensibilisées à la veille stratégique. Ça ne semble pas être dans nos priorités ni dans notre culture de s’intéresser à la manière dont fonctionne l’autre ou de comparer les performances. Le Japon, quant à lui, reste le pays de référence en matière de veille stratégique ».
Un monde de compétitivité, de pouvoirs politique et économique, un monde très masculin, est-ce là la raison pour laquelle on répertorie peu de femmes dans ce secteur ?
«Oui, sûrement » pense Céline. « Les mots d’ordre sont compétitivité et disponibilité. On doit faire gagner de l’argent aux entreprises pour lesquelles on travaille ou en tous cas, éviter de leur en faire perdre. Mes interlocuteurs sont, pour une très forte majorité, des hommes dirigeants d’entreprise, hommes politiques et militaires. Leur étonnement lors de la première rencontre est peut-être lié au sexe mais aussi à l’âge. Je suis jeune. C’est donc grâce à un discours très professionnel que j’arrive à prouver ma valeur et mes compétences, mais aussi grâce à mes différences. Et l’avantageuse différence c’est d’être une femme. Dans ce métier, il faut de la détermination, et un caractère affirmé dans un “gant de velours” ».
Rappelons que l’intelligence économique est un domaine appelé à prendre une grande importance dans les années à venir.
(1) Le commissariat au plan est un organisme placé sous l'autorité du Premier ministre et mis à la disposition du ministère des Finances : publications, groupes de travail et colloques.
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