Cette formation de niveau 3 leur permettra d’analyser l’environnement, le fonctionnement et les résultats d’une exploitation et de raisonner sur un éventuel projet de modification de celle-ci en prévoyant l'évolution du marché, en choisissant les productions agricoles à développer, en prenant les bonnes décisions financières et techniques.
Toutes deux font partie de ces jeunes femmes qui ont envie de bousculer les stéréotypes et de véhiculer une image plus positive du monde agricole.
Fille d’agriculteur, Émeline sait de quoi elle parle. Les moqueries dont elle était victime pendant l’enfance parce qu’ on la traitait de “fille de paysan” lui donnent aujourd’hui encore plus l’envie d’être agricultrice. « Les préjugés du grand public sont trop grands face à notre métier. Il existe de réels problèmes de communication entre nous, les politiques et la population. Les femmes ont un rôle important pour changer les mentalités », explique Émeline.
Elle a pour projet, avec son époux agriculteur, de reprendre l’exploitation agricole familiale qui a pour principale activité l’élevage laitier. Ils ont également développé les goûters à la ferme et les promenades en roulotte. Aujourd’hui, de nombreux exploitant(e)s agricoles élargissent leurs activités vers le tourisme rural ou la commercialisation de leurs produits. Émeline sera gestionnaire administrative et se chargera des activités touristiques de plus en plus appréciées par les promeneurs et pour lesquelles le sens de l’accueil et du relationnel est indispensable.
Titulaire d’un bac économique et social, suivi d’un DUT gestion des entreprises et administrations, elle a travaillé 5 ans comme animatrice dans un syndicat agricole. « Je partais à 7 h pour rentrer à 19 h. Je ne voyais pas mon mari et mon enfant. Aujourd’hui je vais pouvoir organiser ma vie familiale et professionnelle. Je souhaite pleinement m’investir dans les prises de décision à la ferme. C’est la raison pour laquelle je me forme. Cela me permettra d’acquérir les connaissances, les compétences et un statut social reconnu. »
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Nathalie, titulaire d’un bac scientifique et d’un BTS action commerciale, a été boulangère pendant de longues années. Très citadine, elle a découvert petit a petit le monde agricole grâce à son conjoint agriculteur. Elle a appris à traire les vaches, à nourrir les veaux et surtout le travail d’ensilage (mise en silos des céréales).
Aujourd’hui, elle est la seule femme dans la région de Baume-les-Dames à avoir en charge cette activité. « Dans les exploitations agricoles, 9 femmes sur 10 s’occupent de la logistique, de la traite des bêtes et de la préparation des repas, mais rarement du travail aux champs. Lorsque les agriculteurs m’ont vue sur un tracteur, ils ont plutôt souri. Après quelques mois, cette image était pleinement intégrée. Ce sont des journées très longues et fatigantes, mais il règne une grande convivialité et beaucoup d’entraide entre les agriculteurs ».
Après sa formation, qu’elle a décidé de suivre pour comprendre le langage agricole, d’une part et assurer la gestion financière et administrative de l’exploitation d’autre part, elle continuera son travail aux champs et aura le plaisir de voir grandir ses enfants. « Aujourd’hui, dans les jeunes couples d’agriculteurs, l’homme et la femme sont pleinement investis. Nous sommes très complémentaires. Les anciens découragent les enfants et surtout les femmes à reprendre les exploitations, alors qu’un quart des exploitations agricoles n’ont pas de repreneurs familial…».
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