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Après avoir travaillé 15 ans au service d’une société d’électronique, elle va enfin pouvoir réaliser son souhait : devenir agricultrice. Contrairement aux idées reçues, Laurence n’a pas été élevée à la campagne et n’est pas “ fille d’agriculteur ”. Elle a grandi dans les villes, a travaillé à l’usine et a découvert tardivement le monde de l’agriculture.
C’est un métier qu’elle sait difficile. Ce choix, elle a pu le confirmer à la fin d’une semaine de stage éprouvante dans une exploitation agricole : traire les bêtes, assister les vêlages, de jour comme de nuit, abreuver les veaux, s’occuper des cultures et des récoltes fourragères par n’importe quel temps. Pour Laurence, l’agriculture évoque la liberté parce que c’est un métier dans lequel elle se sent valorisée et enfin à sa place : « Il n’y a pas de conflits avec la nature et les animaux. C’est dur, très dur, mais mon plaisir quotidien dépasse les contraintes physiques ».
Ce métier deviendra sa vie, Laurence en a bien conscience. C’est aussi pour elle un moyen de concilier plus facilement la famille et le travail. Son mari, titulaire d’un CAP agricole, actuellement bûcheron, la soutient dans son choix. C’est avec lui qu’elle a envie de reprendre une exploitation agricole. « Les hommes agriculteurs sont très réticents à l’embauche des femmes. Ils considèrent que c’est trop physique. Pourtant, l’évolution des outils de travail permettra une intégration plus facile des agricultrices. »
Laurence parle de l’importance de se former pour acquérir des compétences en terme de production animale, végétale mais aussi en terme de gestion et de connaissance de l’environnement socio économique, surtout dans un contexte de changements profonds et rapides comme l’est devenue l’agriculture. |
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Le travail dans la forêt exige d’être qualifié. Réputé comme un secteur masculin, il faut une bonne résistance physique ainsi que l’exige la nature.
Barbara Javaux, 29 ans, prépare un BTS gestion forestière dans le cadre de la formation continue. Cette formation, très dense au niveau technique et scientifique, prépare au métier de technicien supérieur agricole.
Connaître le fonctionnement de l’écosystème forestier, apprendre à gérer les chantiers forestiers, les méthodes et techniques d’analyse des forêts, la conduite de peuplement (sylviculture, reboisement…), l’exploitation forestière et l’utilisation des bois mais aussi maîtriser les activités pluridisciplinaires, conduire des projets, etc, plutôt un métier riche, varié et épanouissant, comme le décrit Barbara.
Diplômée d’un bac scientifique, elle avait besoin d’exercer un métier manuel et technique.
Après avoir travaillé dans plusieurs domaines, un bilan de compétences l’a encouragée à s’orienter vers un métier en lien avec la nature. « Actuellement, je suis en stage à l’ONF (Office National des Forêts) avec des conducteurs de travaux. Nous réalisons des travaux qui nous permettent d’assurer le renouvellement de la forêt, comme par exemple le dépressage qui consiste à sélectionner les arbres ou les branches à couper sur une parcelle. Cela demande de la réflexion. Les femmes me semblent assez subtiles et délicates face à ce genre de travaux. » La coupe est ensuite assurée par les bûcherons, mais aussi par Barbara : « Je me sens parfois plus efficace que certains hommes avec une tronçonneuse ! ».
Bien que ce soit un métier physique, Barbara souhaite déjà être ouvrière en sylviculture pendant un ou deux ans pour avoir des références concrètes et bien visualiser ce qu’il se passe sur le terrain avant de devenir technicienne. Ensuite, elle encadrera des agents et des ouvriers forestiers. Ses activités auront lieu en plein air et par tous les temps, mais elle sera aussi amenée à travailler en bureau afin d’établir des rapports, conduire des réunions et exercer des activités juridiques, relationnelles, économiques.
« Pour être appréciées, on nous en demande plus qu’aux hommes. Nous devons toujours nous démarquer par nos compétences. J’ai une collègue qui a obtenu le prix européen d’élagage. Nous sommes peu de femmes dans ces métiers mais nous nous en sortons plutôt bien. Lorsque je subis des préjugés sexistes, c’est de la part d’hommes immatures. » Pour Barbara, le travail avec la nature impose une remise en question perpétuelle :
« Mon bureau, c’est la forêt et travailler pour la forêt, c’est travailler pour l’homme et la protection de l’environnement. La forêt au niveau sociétal prend d’ailleurs de plus en plus d’ampleur ».
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