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Johanna est peintre en bâtiment. En contrat d’apprentissage dans la Sarl Mancini Giron à Valdoie, elle est la seule jeune femme au milieu de 50 ouvriers. Formée par un artisan qui a pris le temps de lui apprendre le métier, elle a été récompensée en obtenant le prix de la meilleure apprentie du Haut-Rhin. En Alsace, elle est d’ailleurs la première fille à avoir obtenu ce prix. Elle parle de ce métier qu’elle a choisi dès son plus jeune âge avec beaucoup d’enthousiasme. Son goût pour le travail soigné et manuel, son vif intérêt pour les travaux de décoration, son sens de la créativité, de l’autonomie lui ont permis de passer un BEP de peintre. Elle réussit sans difficultés ses études au milieu des garçons et apprend ainsi à se forger le caractère. Heureuse de pouvoir faire partie de cette génération qui va lentement faire changer les mentalités dans le secteur du BTP, elle envisage une belle carrière. Elle souhaite déjà passer son Bac pro par alternance et continuer par un BTS en aménagement et finitions. Et surtout elle envisage de se perfectionner en espérant partir à Florence en Italie où le travail des fresques la passionne.

« Changer les couleurs d’un
appartement, c’est aussi changer
la vie des gens »

« Déjà aujourd’hui mon métier me plaît beaucoup mais j’espère pouvoir aller encore plus loin. C’est avec mon père qui est maçon que je me suis intéressée très jeune aux métiers du bâtiment. Mon activité est variée, je ne suis jamais au même endroit, je travaille seule parfois et j’ai une grande liberté de décision. Je peux être un jour sur un échafaudage pour peindre une façade d’immeuble et le lendemain seule dans un appartement en chantier de décoration. J’aime le travail des couleurs et lorsque je change les couleurs d’un appartement par exemple, je change la vie des gens. C’est agréable de créer des effets marbrés, des murs à l’ancienne, de faire des fresques, des dessins. Les femmes sont douées pour ce travail car je crois qu’elles sont plus sensibles aux couleurs et qu’elles ont un goût plus développé. Sur les gros chantiers, elles sont beaucoup plus propres et d’ailleurs je le fais souvent remarquer aux hommes qui m’entourent. Je leur demande de mettre de l’ordre sur les chantiers. »

Johanna ne comprend pas qu’il n’y ait pas plus de femmes dans ce métier. Même si elle exprime les contraintes liées à la mixité des toilettes ou des vestiaires sur les chantiers, l’ambiance est plutôt à la bonne humeur. Elle n’a pas de collègues femmes mais elle en rencontre parfois, électriciennes ou architectes.
« Il ne faut pas avoir peur des remarques, il ne faut pas avoir peur de faire ce que les autres femmes ne font pas… »

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