|
Les métiers du bois
Faire dune passion un métier
À 26 ans, Stéphanie Wioland vient de créer lentreprise CIBA spécialisée dans lagencement de cuisine et de salle de bains, de bar, et la fabrication artisanale de mobilier.
|
 |
Passionnée par le bois depuis lenfance, son parcours na pas été des plus faciles. Découragée par le milieu scolaire qui lincite à sorienter vers un métier " plus féminin ", elle reste fidèle à son choix et réussit à être acceptée au lycée professionnel de Luxeuil, spécialisé dans les métiers du bâtiment. Cette année là, parmi les 400 élèves, le lycée ne comptait que 10 filles dont 2 en section menuiserie-ébenisterie. Elle apprend à connaître les essences, les machines à bois, la fabrication de fenêtres, de portes, de meubles, dobjets en bois
|
Après lobtention du CAP et du BEP " bois et matériaux ", Stéphanie accède à lun des établissements les plus prestigieux dans lenseignement des métiers du bois: le lycée de Moirans-en-Montagne dans le Jura, dont le recrutement seffectue au niveau national.
Seule fille au milieu de 30 garçons, elle apprend lébénisterie, la sculpture et la décoration du bois, apprentissage couronné par lobtention du baccalauréat professionnel débéniste, option design et création.
Elle entre alors dans la vie active et est accueillie avec enthousiasme par les employeurs. Embauchée rapidement dans une menuiserie du Territoire de Belfort, elle se heurte pourtant à la dure réalité dêtre une jeune femme dans des ateliers exclusivement masculins. Ce regard et cette pression masculine lui pèsent. Stéphanie décide alors de prouver quelle a autant de compétences que " les hommes du métier ". Pour cela, elle veut créer son entreprise. |
|
La course aux aides commence alors. Les banques ne croient guère en son projet et pensent que Stéphanie cumule les handicaps : la création dune entreprise dans le secteur de lartisanat, le peu de garanties financières, son jeune âge et en plus, le projet est porté par une femme ! Stéphanie comprend ainsi quelle va devoir se battre pour que ses interlocuteurs dépassent leurs préjugés sexistes.
Elle se rend alors à la Préfecture du Territoire de Belfort afin de rencontrer le service du droit des femmes et éventuellement obtenir le Fond de Garantie Initiative des Femmes (F.G.I.F.).
Le passage en préfecture lui fait connaître lexistence de lADIE (voir article). Elle obtiendra le soutien de lassociation qui reconnaît un véritable savoir faire et se verra accorder un prêt solidaire ADIE de 5000 Euros pour lachat du petit matériel et la constitution dune trésorerie de départ. Dautres prêts lui seront accordés par les banques pour lachat des machines. Certaines aides (primes et exonérations) faciliteront le démarrage de la jeune chef dentreprise.
Et depuis tout va pour le mieux puisque après 6 mois dactivité Stéphanie prévoit lembauche dun salarié et dun apprenti. Elle a hâte de partager ses idées, de transmettre son savoir faire ; cest une nouvelle étape : " Le travail du bois est un art qui exige de la patience, de la précision, de la minutie. Les finitions sont difficiles lorsque je dois fabriquer des meubles précieux, qui salimentent entre les laques et la marqueterie. Les commandes des clients sont variées et nécessitent de limagination. Cest un métier passionnant et difficile aussi car les métiers du bois ont été fortement dévalorisés notamment par larrivée du PVC qui a pris une place importante sur le marché car on le considère comme plus facile à entretenir. Aujourdhui, des produits du bois sont devenus très performants et nécessitent peu dentretien. Et aussi, lapparition de nombreuses couleurs, de nouvelles matières nous donne de grandes possibilités de création ".
En plus des matériaux du bois, Stéphanie travaille également avec des produits comme la résine de synthèse quelle transforme, linox, le granit, les verres, le sable quelle associe au bois et qui donne le métier débéniste agenceur.
Et même si les journées de la jeune chef dentreprise semblent trop courtes elles sont tellement passionnantes
. |
 |
|